Les Stan

12 août 2019

Voila c'est finiiiii

9 Août 2019

 

Journée « glandouille » à Karakol aujourd’hui. Une fois n’est pas coutume. 

Matinée à errer dans la ville et à voir les quelques petits centres d’intérêt que nous n’avions pas vu à notre premier passage. A midi « dégustation » du ashlyanfu,  plat typique de Karakol importé par les chinois musulmans Dugans (mais que nous avions déjà eu l’occasion de tester à Bonkobaevo). C’est une soupe froide épicée avec des pâtes genre spaghettis et une gélatine de pâtes de riz, le tout arrosé de différents liquides, dont du vinaigre. C’est pas cher (nous on avons eu pour 60 soms - moins d’1 euro- pour 2 soupes), et c’est presque la meilleure chose que nous ayons mangé en Asie Centrale….., peut être parce que c’est une recette chinoise……

BB fait l’acquisition d’un maillot de bain car nous avons l’intention d’aller à la plage cet après-midi. Avant d’aller nous dorer au soleil et tenter de faire un raccord à notre bronzage très « ciblé », nous allons visiter le musée Prejvalski, grand naturaliste et explorateur polonais intégré à l’armée Russe, décédé à Karakol en  1888, et qui a donné son nom au cheval dit « de Prejvalski ».

« Le cheval de Przewalski est un cheval vivant à l'état sauvage mais il s'agit en fait d'une espèce férale dont les ancêtres ont été domestiqués il y a près de 5 500 ans par la culture Botaï, au Kazakhstan, avant de retourner à l'état sauvage . Ils constituent cependant la plus ancienne population de chevaux vivant à l'état sauvage et constituent à cet égard un groupe dont la protection est fondamentale. Ils sont découverts en Dzoungarie, en 1879, par l'explorateur Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski, qui leur lègue son nom ».(source wikipedia).

Après cette partie culturelle, nous enchaînons avec la plage. Mais elle n’est pas très agréable, beaucoup de monde de bruit, et l’eau n’est pas très claire. Nous restons sur le sable poussiéreux et voilà que quelques gouttes s’échappent d’un gros nuage, nous décidant à quitter l’endroit. Tant pis pour le raccord de bronzage, les bretons ne seront pas choqués, d’autant qu’il n’est pas certain qu’à notre retour le temps soit propice à exhiber nos corps tout en nuances de noir et blanc. 

Retour donc à la GH d’où nous partirons demain pour Bichkek, dernière étape de notre épopée centrasiatique.

 

10 Août 2019

 

Après la journée glandouille, voici la journée transport.

Sergueï nous emmène à la station de bus pour Bichkek, non sans avoir fait les photos d’usage avant le départ. Photos qu’il regardera pendant l’hiver en se remémorerant tous ses guests de l’été nous dit il dans sa langue natale, le Russe, mais que l’on comprend très bien maintenant……enfin surtout les gestes qui accompagnent ses paroles. Nous avons passé 4 nuits chez Sergueï et sa femme et nous nous sommes sentis presque comme chez nous. D’ailleurs il nous l’a bien dit, toujours en Russe et toujours en gestes et mimiques, « ma maison est ta maison ». Ils sont adorables.

420 km nous séparent de la capitale Bichkek qui sera notre dernière étape. Ils sont avalés en 5h30 dont 1/2h de pause pipi/miam miam. Notre chauffeur de marshkourka est un conducteur véloce et rusé. Il se faufile où d’autres n’osent pas et pousse les trainards. A la gare de bus de Bichkek nous bataillons avec un chauffeur de taxi qui essaie encore une fois de nous faire payer la course bien trop cher. Mais voilà un mois que nous sommes dans le pays, nous connaissons les prix et ne nous laissons pas influencer, ils finissent toujours par céder. Belle surprise que notre  hébergement à l’auberge des jeunesse Freelander, tout neuf, vaste et confortable,  disposant même d’une piscine et d’un sauna pour un prix plancher. Nous allons faire quelques courses dans un VRAI supermarché car nous allons manger à l’auberge ce soir comme nous en avons pris l’habitude depuis quelques temps. De plus le climat à Bichkek s’est nettement tendu depuis quelques jours suite à des affrontement entre les frères ennemis que sont l’ancien et le nouveau président. Le nouveau, le poulain de l’ancien,  accusant l’autre de corruption. L’ancien président a été arrêté et la tension est forte si bien qu’il est conseillé de ne pas sortir de l’hôtel. Ce que nous ferons néanmoins demain afin de visiter la capitale.

 

12 Août 2019

 

Et voilà, c’est fini pour Lestan.

Ces 2 jours à Bichkek ne nous laisseront pas un souvenir impérissable. Bichkek est une capitale avec de grandes avenues, de jolis parcs ombragés, et de lourds bâtiments à la mode soviétique. 

La nuit prochaine ne sera pas longue. Le taxi nous conduira à l’aéroport à 3h30, et après un vol retour orchestré par Aeroflot avec une escale à Moscou, nous devrions toucher le sol parisien demain à 14h45, et la terre bretonne à 21h19. Si tout va bien car  après l’enregistrement en ligne ce matin, Aeroflot nous a envoyé 2 fois les cartes d’embarquement pour le vol Bichkek-Moscou, mais rien pour le Moscou-Paris. 

 

Il est temps de faire le bilan de ces 3 mois en Asie Centrale. Bilan très positif!

Nous avons parcouru des milliers de km, en train, marskoushka, taxi partagé, taxi (pas partagé), à cheval, à pied. Nous avons sillonné des paysages désolés et/ou grandioses. Nous avons bu des hectolitres de tchai (thé), d’eau, quelques litres de bière, un peu de vodka, de koumis (lait de jument) , de lait de chamelle. Nous avons gouté aux plats traditionnels, plov,  mantis,  lagman…. encore et encore jusqu’à en être dégoutés. Nous avons répondu des dizaines de fois à la question: « Askouda » d’ou venez vous? et cela sans nous lasser de répondre « Francia » et de lire dans les visages qui s’éclairent « Ah Francia, Paris! »

Le classement des 4 « stan » que nous avons parcourus a longtemps été incertain, le Tadjikistan et le Kirghizistan rivalisant pour la première place. Au final on peut dire que le Kirghistan remporte la médaille d’or. Nous y avons passé 28 jours dont la moitié à cheval à travers des paysages variés et toujours sublimes. 

Médaille d’argent donc au Tadjikistan pour ses paysages lunaires sur le toit du monde. Médaille de Bronze pour l’Ouzbékistan et ses villes des 1000 et une nuits, Boukhara, Khiva, Samarcande.

Et pour finir la médaille en chocolat pour  le Kazakstan qui fut notre porte d’entrée dans ce voyage, mais qui est un très grand pays que nous avons à peine effleuré. Nous avons néanmoins quelques beaux souvenirs de steppes inhabitées et de gares ferroviaires au milieu de rien, la mer d’Aral qui tente de renaître, la randonnée à cheval dans le magnifique parc de Saïram Ugam. 

 

330-Et la dernière, vivement les bières de Raphy

Les idées pour les prochains voyages ne manquent pas. Tenez vous prêts, l’édition 2020 est déjà décidée.

 

 

 

 

 

 

 

 

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08 août 2019

Dernière randonnée

8 Août 2019

 

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De retour de la dernière randonnée à cheval Kirghize, des images sublimes plein les yeux!

Départ au matin du J1 avec la marshkouchka 350 en direction d’Ak-Suu où doivent nous attendre les chevaux et notre guide. C’est le cas en effet. Nous avons bien spécifié à l’agence que nous ferions très attention à l’état des chevaux, et pas question de partir avec des chevaux en mauvais état ou mal ferrés. Ceux là sont en état et ferrés à neuf. BB « hérite » d’un bel alezan du nom de Cosmos qui arrive en boitant de l’antérieur droit…… Ferré à neuf de la veille, le fer a sans doute été posé trop serré, toujours est-il qu’une fois de plus nous partons avec un cheval « bancal ». Pour ma part j’ai un solide étalon bai nommé Guide, qui s’avérera être un cheval quasiment exceptionnel. Nous partons pour notre première journée de rando avec une famille française. Le chemin monte pendant 15 km et est très fréquenté. Piétons, chevaux et gros transports 4X4 prennent la direction d’Arashan pour jouir comme nous de ce site renommé pour sa situation et ses départs de randonnée. En début d’après midi nous sommes à destination. Le site est superbe en effet. Vaste plateau entouré de montagnes aux sommets avoisinant ou dépassant les 5 000 mètres. Splendide! Nous prenons possession de notre yourte où nous passerons 3 nuits. Yourte individuelle, nous y serons très bien. Par contre pour le repas du midi nous découvrons avec étonnement et colère, que la version «all include » que nous a vendu l’agence est « all include…… except lunch ». Le gérant des yourtes appelle l’agence et nous échangeons elle et moi des « mots doux »…. 

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Pour le J2, la destination est le lac Ala Kul. C’est tout d’abord une longue grimpette parmi les sapins le long d’une rivière. Après 3 bonnes heures d’effort nous sommes au pied du col qui mène au lac. Les chevaux ne peuvent monter (en principe par les guides feront l’ascension vertigineuse à cheval). Le but est là haut, on voit clairement le sentier monter au flan de la pente…..et les gens qui montent ou descendent mais qui sont dans un sens comme dans l’autre en grande difficulté. Le sentier est non seulement abrupte, il est de plus très glissant et le sol est fuyant sous les pieds. Je me dégonfle devant l’effort impressionnée par ce que je vois dans la pente. BB entreprend l’ascension et de ma position je le vois parfois monter à 4 pattes, parfois glisser en arrière ce qu’il vient avec peine de gravir. Mais je regrette néanmoins de m’être « déballonnée » car les photos que BB ramène sont splendides. Le lac est d’un bleu irréel, bleu glacier comme on dit. 

297-Mon cheval est monté mais pas moi

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Le J3 nous emmène dans des paysages superbes jusqu’à un autre petit lac, et surtout jusqu’à un col d’où nous avons une vue panoramique qu’on pourrait rester la journée entière à admirer. 

Les chevaux sont vraiment volontaires, ils montent sans rechigner et presque sans souffler. Ils ont un mental incroyable! Cosmos ne boite plus.

Pour terminer la journée, et pour nous décrasser aussi, il faut bien l’avouer, nous finirons  la journée aux bains chauds qui sont pour cette fois bien agréables. 41 degrés et par nous seuls.

Le J4 nous ramène au bas de la vallée jusqu’à Ak-Suu d’où nous attraperons le bus retour pour Karakol où la température est bien différente. Les 1000 mètres de dénivelé de différence se sentent bien.

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04 août 2019

Intermède entre 2 randos.

3 Août 2019

 

Journée transit entre Bonkobaevo et Karakol. Alors que nous nous dirigeons vers le centre de Bonkobaevo pour trouver un transport, nous sommes abordés par un homme qui nous dit aller à Karakol, et nous indique où attendre la marshroutka. On se fait bien sûr héler par des taxis qui nous proposent la course, mais nous ne quittons pas notre « petit Monsieur » sûrs d’aller à Karakol pour beaucoup moins cher. On attend environ 1 heure que le marshroutka se remplisse et nous voilà en route vers notre dernière destination avant le retour sur la capitale……et la France.  Le trajet, 130 km nous coûte 150 soms par personne (2€). En taxi partagé il nous en aurait coûté au moins 500 soms par personne. A Karakol, après nous être installés à la GH tenue par un couple de russes très sympathiques, nous partons à la recherche des diverses agences que nous comparons pour l’organisation d’un nouveau trek  de 4 jours à cheval. 

Nous partirons lundi pour notre dernière randonnée équestre dans les montagnes de ce magnifique pays. 

Karakol est une grosse ville  très « russifiée »,  pleine de touristes qui viennent faire des treks dans les montagnes. C’est la grosse ville la plus à l’est du pays, près de la Chine et de la Russie. 

Incroyable! alors que nous descendons en ville, qui voit-on arriver? Le jeune français que nous avions rencontré à l’hôtel à …….Boukhara en Ouzbekistan, il y 1,5 mois. Son projet était de faire à pied la route du Pamir au Tadjikistan. Il aura finalement loué une voiture avec d’autres touristes. Nous comparons nos expériences, n’en revenant pas de nous retrouver. Que le monde des voyageurs est petit.

 

4 Août 2019

 

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Aujourd’hui nous allons voir une des curiosités des alentours de Karakol. Jeti Ogüz (vallée des 7 taureaux) et ses roches rouges sang à l’origine de plusieurs légendes. L’une d’elles raconte que deux nobles et puissants rois (Khans) vivaient de manière prospère dans cette région de montagne. Un jour, l’un d’entre eux s’empara de la femme de l’autre roi ce qui amena une période d’affrontement entre les deux clans. Après de nombreuses batailles pour récupérer la jolie jeune femme, la tension dans la région était à son comble. Le roi qui a kidnappé la belle jeune femme l’aimait, tout comme son opposant. Aucun des deux rois ne pouvaient se résoudre à abandonner la belle dans les mains de l’autre. Aussi, le roi voleur, pour arrêter cette guerre établit un plan machiavélique sur la base de conseils reçus de gens éclairés. Pour contenter son ennemi (lui rendre sa femme), sans pour autant souffrir de la voir entre les mains de son ennemi, il décida d’organiser l’assassinat de celle-ci avant de pouvoir « rendre » le corps de la belle à l’autre roi. Cette action avait ainsi l’intention de satisfaire son ennemi (en théorie), ainsi que son désir de posséder à jamais cette femme. Il organisa ainsi un festin dans une montagne et y fit venir de nombreuses personnes. À cet endroit furent sacrifiés 7 taureaux pour le banquet. Lorsque le 7ème fut tué, le roi voleur enfonça un couteau dans le cœur de la jeune femme et, de sa blessure, jaillit des torrents de sang qui s’écoulèrent dans la montagne. Il est dit que le sang contamina les sources d’eau de la vallée aux alentours et que ce sang empoisonna les invités du festin ainsi que les personnes appartenant au clan du roi voleur. Depuis ce temps, l’endroit prit le nom de « vallée des 7 taureaux », de Jeti-Oguz. (source voyagekirghistan.com).

En tout cas, nous faisons une très belle balade parmi ces roches au rouge impressionnant.

De retour à Karakol en début d’après-midi, nous allons voir l’étrange mosquée en forme de pagode. Pour y entrer la « tenue correcte » exigée par la charria est obligatoire……ainsi qu’une petite contribution financière. Nous revêtons donc de longs manteaux qui ont l’air de robes de chambre pour cacher toutes les parties visibles de notre corps. J’avoue que je ne sais que choisir…. voir BB avec un sarong (cf l’année dernière à Bali) ou bien avec cette jolie robe de chambre chamarrée. Décidément la religion, qu’elle qu’elle soit, ne nous sied guère…. 

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Départ demain donc pour 4 jours qui devraient nous mener, d’après le guide, dans un paysage de carte postale, à des bains chauds, et à des lacs dont l’un est réputé par sa couleur turquoise. A suivre….

 

 

 

 

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02 août 2019

Randonnée nomade

2 Août 2019

 

264-C'est tellement beau

Nous voici de retour de cette superbe randonnée à cheval de 5 jours dans les hautes montagnes Kirghizes. 

Nous avons adoré cette expérience unique de randonner dans ces paysages magnifiques, et de partager la vie des bergers nomades qui nous ont accueillis sous leur yourte.

Nos chevaux pourtant n’étaient pas des « foudres de guerre », un tantinet mollassons, enfin c’est ce qu’on ressentait. Mais au vue de la moyenne horaire à plus de 6km/h avec des dénivelés de plus de 1000 mètres en positif chaque jour et des étapes de plus de 30 km, on se dit au final qu’is n’étaient pas si mollassons que ça. BB avait un bel étalon noir, légèrement obsédé sexuel (le cheval hein…) qu’il fallait retenir lorsqu’on rencontrait des troupeaux de juments, en bon état, ferré à l’avant et qui lui est revenu avec ses fers, c’est bien le seul…. J’avais un hongre alezan, qui est revenu sans fers, boiteux, et harassé. Le guide quant à lui avait un bon cheval avec un grand pas, il devait donc  nous attendre souvent, car nous refusions d’utiliser ses méthodes, efficaces certes, mais trop violentes à notre goût, à savoir cravache à volonté! Par contre on a utilisé à gogo les codes verbaux en vigueur, le Tchô-Tchô énergique pour les faire avancer, et le Drrrriiii pour les faire ralentir…….mais ça on n’a pas utilisé!

Nous avons été accueillis chaque soir dans une yourte de bergers qui ignoraient totalement qu’ils allaient devoir se serrer pour faire de la place à 3 invités surprise. Le ragout qui mijote prévu pour 4 personnes en nourrira 7, et les nattes pour dormir seront en nombre suffisant pour que collés/serrés on passe une bonne nuit à l’abri. Première nuit dans une yourte dans une famille très accueillante, les parents et les 2 grands garçons, dont un dormira dans la voiture «la mackina » pour nous laisser plus de place. 2ème nuit dans un container prévu pour les parents et 2 enfants dont un bébé. Nous serons tellement serrés les uns contre les autres (presque sur les autres) que le guide qui dort à coté de moi passera sa nuit soit à me ronfler dans l’oreille gauche, soit à me labourer les côtes avec son coude. La promiscuité à l’état brut! 3ème  nuit dans une belle et grande yourte au pied du col Ton à 4000 m qu’il faudra franchir lendemain après un effort colossal pour nos chevaux. De l’autre côté du col la neige n’est pas encore fondue et le passage est scabreux, mais on passe ce qui n’est pas le cas de tous puisque plusieurs cadavres de chevaux traînent sur le chemin, brrrrr! Pour la dernière nuit nous ferons halte dans une petite yourte déjà bien pleine et d’une propreté douteuse. Les parents et 3 enfants vivent là.  Le fils aîné et le guide  iront dormir dehors sous la tente pour que nous puissions dormir au chaud (enfin pas tout à fait) sous la yourte avec les parents la fillette et son détestable petit frère. La mère est adorable et à un éternel sourire accroché aux lèvres, le père un gros rustre dont le petit dernier est le portrait craché…..dommage. Nous rentrons ravis et plus riches de cette expérience au confort inexistant (que la douche a été bonne au retour….) mais où nous avons pu voir et partager pour 5 petits jours la vie nomade avec toutes ses contraintes mais que les bergers n’échangeraient pas, malgré le confort rudimentaire (mais comment font-ils pour se laver de la tête aux pieds?), les loups qui rodent et obligent à rentrer les moutons dans des enclos chaque soir, la traite des juments 5 à 8 fois par jour, le poêle à entretenir allumé avec les excréments  de moutons, les couchages à faire tous les soirs et à ranger tous les matins,  le thé et tout ce qui va avec à offrir à tous les gens de passage, car on les croit isolés dans leur yourte mais ça rentre et sort sans arrêt. C’est ça l’hospitalité Kirghize!

 

254-Vous savez pas comment j'en ai ch

 

 

 

 

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28 juillet 2019

Bonkobaveo

27 juillet 2019

 

Bien dormis en effet maintenant que nous avons pu parler avec Mélanie mais réveil matinal car nous avons décidé d’aller au marché aux bestiaux qui a lieu à Kochkor tous les samedis matin à partir de 7h. Veaux et vaches, moutons et chevaux se retrouvent sur le foirail. Ce fût une visite qui nous laisse un goût amer. Les chevaux en particulier sont pour bon nombre d’entre eux en bien mauvais état. Ils arrivent par camions entiers desquels on les force à descendre avec violence. Certains arrivent au sol et tombent, d’autres se blessent, bref, nous quittons assez vite les lieux avant d’assister à un accident. Nous retournons à la GH pour y prendre le petit déjeuner et allons à la station de minibus pour trouver un transport pour Bonkobaevo, notre destination du jour. Le trajet se fait en 2 temps puisque Bonkobaevo n’est pas desservi depuis Kochkor. Les taxis s’enchaînent bien, et nous sommes arrivés près du lac Issy Kul à la mi-journée. Il s’agit du 2ème plus grand lac du monde (182 km de long pour 60 de large) après le Titicaca. L’altitude n’est pas la même, 3900 mètres pour le lac Péruvien/Bolivien, 1700 pour le Kirghize. Ici il fait bon, chaud mais pas trop. BB a besoin d’une coupe de cheveux (moi aussi d’ailleurs mais je l’envoie en éclaireur…) c’est chose faite et bien faite en 2 temps 3 mouvements. Après nous être installés à la GH nous passerons l’après-midi à la plage. Eh oui! on ne l’aurait pas cru mais nous étions tout à fait dans l’ambiance bord de mer, parmi les parasols et les familles qui batifolent. J’ai du pour l’occasion m’acheter un maillot de bain. Les bains « nudistes » ou en sous-vêtements n’étant pas appropriés dans cette foule du week-end venue prendre des bains de mer, euh….de lac. Nous sommes passés au CBT (Community Based Tourism) pour demander des renseignements sur un nouveau tour à cheval pour les jours à venir. Une fois de plus nous sommes déçus par cet organisme qui, sous couvert de soutenir les nomades, pratique des tarifs prohibitifs. A la GH le propriétaire doit se renseigner pour nous trouver un tour de 4 jours à des prix raisonnables mais nous ne le revoyons pas de la journée. Nous tardons un peu ce soir à prendre note bière dans le jardin de la GH, si bien que lorsque on veut aller manger tout est fermé. Heureusement nous avons une conserve de petits poissons dans notre sac, nous achetons un pain et le repas est prêt. 

 

28 juillet 2019

 

Le propriétaire n’a toujours pas reparu, et nous n’avons donc aucune info sur notre éventuel tour à cheval. Faut-il aller chercher les infos ailleurs, le tour se fera-t-il, ou pas, à quel prix, et sur quel parcours, c’est le grand flou. La femme du propriétaire ne nous est pas d’une grande aide puisqu’elle ne parle pas anglais. Heureusement google traduction nous aide un peu pour le russe qui n’est pas encore notre idiome favori. Nous finirons par comprendre que son mari rentre ce soir vers 20h et que c’est ok pour le tour à cheval. Pour les détails il faudra attendre. C’est ça l’Asie centrale tout se fait à condition d’y croire et de leur faire confiance. 

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Ce matin nous prenons un taxi pour l’une des curiosité du secteur, le canyon de Skazka. Etrange endroit! Les roches sont rouges et déchiquetées, érodées par les intempéries. C’est un très bel endroit. Le taxi nous ayant déposé le long de la route principale, il nous reste 2 km à parcourir avant d’arriver sur le site. Nous commençons à marcher quand une voiture, un énorme 4X4, s’arrête à notre hauteur et les propriétaires nous proposent de nous emmener, ce que nous acceptons bien volontiers. C’est pas qu’on n’ait pas le courage faire les 2km, mais on sait être polis et ne pas refuser les propositions généreuses. La discussion s’engage avec le jeune couple Kirghize. Ils sont de Bichkek et nous finirons par apprendre qu’ils sont les propriétaires de l’hôtel que nous avons réservé pour la fin de notre voyage. Incroyable non! Il doit bien y avoir des centaines d’hôtel à Bichkek, il a fallu qu’on soit pris en stop justement par les propriétaires de celui où nous allons. Ca mérite bien une petite photo (de leur part), histoire qu’ils nous reconnaissent quand on va arriver le 10 août prochain. Nous passons ensuite une bonne heure et demie dans ce paysage complètement décalé par rapport à l’image qu’on se fait du Kirghizistan. Déjà qu’hier nous étions à la mer, nous voilà aujourd’hui en Californie…..

Pour le retour point de taxi, nous sommes au milieu de rien, le long de la grande route. Le rivage du lac Issy Kul est bien tentant, l’eau y est d’un très joli bleu et bien transparente, mais nous avons décidé de rentrer et pour cela, on fait du stop. Mais attention à la position à adopter. Si on lève le pouce comme on peut le faire chez nous ou ailleurs en Europe, il faut s’attendre à avoir de la part des chauffeurs et de leurs passagers de grands signes identiques, pouce levé,  qui sans aucune équivoque traduisent  « Super, génial, » et ils ne s’arrêtent pas bien entendu. Si on veut être pris par un véhicule il faut tendre le bras main tendue paume vers le sol et agiter un peu le tout de bas en haut, ou de haut haut en bas c’est tout aussi valable. On prend donc la pause, mais sans succès pendant 1/2h, sauf un couple qui voulait bien nous emmener mais n’allait pas jusqu’à Bonkobaveo et qu’on a laissé repartir. Une grande partie des voitures sont archi-pleines ou nous font comprendre qu’elles s’arrêtent bientôt (nous sommes dimanche, tout le monde va à la plage). Au final une marskouchka à destination de Bonkobaveo nous ramènera. Ayant pris confiance dans le coup de tondeuse des coiffeurs locaux, je demande à faire rectifier ma coupe. C’est sans doute la première fois que cette coiffeuse a à faire une telle coupe et il a fallu que j’explique à plusieurs reprises ce que je voulais (il faut dire que ma coupe ne ressemblait plus à rien et qu’il était difficile de voir comment elle était il y a 3 mois) mais quand elle a eu compris, elle s’est bien débrouillée et a rasé au plus court je devrais pouvoir tenir un moment avant de devoir y retourner.

Changement de programme. Ce qui était possible il y a un quart d’heure ne l’est plus. Le tour à cheval organisé par notre GH est annulé. Nous nous mettons donc en quête. Et comme nous sommes très débrouillards :o). Nous trouvons un tour auprès d’une autre GH. Départ demain matin pour 5 jours. Au programme, un col à 4000 mètres, des sources chaudes, des nuits sous la yourte avec les bergers, et sans doute (enfin on l’espère) des paysages qui vont ravir nos yeux et nos appareils photos. A suivre…..

 

 

 

 

 

 

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26 juillet 2019

2ème randonnée à cheval : Song Kul

22 juillet 2019

 

Nous avons quitté la capitale aussi vite que nous y étions arrivés. 3heures de taxi partagés plus tard nous sommes à Kochkor, il fait plus frais, il y a beaucoup de touristes. C’est le point de départ pour aller au très réputé lac Song Kul. Après nous être installés à la GH nous nous sommes mis à la recherche d’une agence pouvant nous organiser un nouveau tour à cheval. Nous avons trouvé rapidement et pour encore moins cher qu’à Sary Chelek, 34 euros par jour tout compris (cheval, guide anglophone, nuits en yourte, repas, entrée aux jeux équestres, et taxi pour se rendre au départ). Nous partons demain pour 4 jours vers le lac, et nous aurons en prime la chance de pouvoir assister le dernier jour aux jeux équestres qu’il faut paraît-il absolument vie si on en a l’occasion. 

 

 

157- Qu'est ce que tu penses des 2 franzous

 

26 juillet 2019

 

Je ne vais pas me perdre dans des descriptions qui ne seront jamais à la hauteur des paysages que nous avons vus  et des moments que nous avons vécus pendant ces 4 jours. 

Nous avons eu un très bon guide Marlen, très professionnel malgré son jeune âge (21 ans). Aie le coup au moral lorsqu’il nous a dit que sa mère avait 40 ans…. Ce grand jeune homme pourrait donc être notre petit fils….

Des chevaux Kirghizes en bon état et des paysages superbes. La première journée était une journée d’approche, dans la vallée. Le soir nous avons fait halte dans une famille qui possédait 4 yourtes. Nuit au calme le plus total avec pour toile de fond la montagne. Le lendemain nous a conduit jusqu’aux berges du lac Son Kol, en passant par un col à 3300 mètres d’où nous avions une vue à 360°, et tout au fond, tout là bas, le lac qui nous attendait. Une bonne descente et nous arrivions dans les jaïloo, ces pâturages où les nomades installent leurs yourtes pour l’été accompagnés de tout leur cheptel. Nous avons fait des galops interminables sur plusieurs kilomètres. Marlen était fier d’arriver dans les camps de yourtes au galop et de montrer ses touristes qui savent, pour une fois monter à cheval. Car l’excursion au lac Song Kol est l’endroit au Kirghizistan où les non-cavaliers se font  la peur de leur vie sur cette excursion de 2 jours à cheval. Sur les berges du lac, il y avait foule, l’explication étant les jeux nomades du lendemain. Et le lendemain donc nous avons assisté toute la journée à ces jeux qui n’ont lieu qu’en Asie centrale. Les jeux sont dans l’ensemble assez brutaux, mais les Kirghizes adorent et encouragent leurs favoris énergiquement. Il y a différents jeux.

-Un jeu exactement comme le football comme nous l’explique notre jeune voisine. Le Ulak Tartysh, comme le foot en effet, à la différence que ça se joue à cheval et…..avec une chèvre décapitée à la place du ballon…..Mais au final il faut marquer des buts et ça finit en bagarre.

  • il y a le Kyz Kuumai, où a plein galop l’homme doit rattraper la femme, à plein galop elle aussi,  et lui voler un baiser. Plus romantique que le précédent. Mais, si l’homme ne parvient pas à rattraper la femme, elle peut lui donner des coups de fouet…..là s’arrête le romantisme.
  • Il y a aussi de la lutte à cheval, où le but est de faire tomber l’adversaire. 

La journée a été bien remplie, nous avons également pu assister à un montage de yourte. Temps entre un tas de bois et de feutre en paquet sur la prairie, et une yourte finie et en état de recevoir les convives : 45 mn.

Dernière nuit dans notre yourte et ce matin notre taxi est là à 9h pour nous ramener à la civilisation. Nous sommes si impatients de retrouver du réseau pour avoir des nouvelles de notre petite famille qui a vécu des moments difficiles durant ces derniers temps. Nous dormirons sans doute mieux ce soir que les 3 nuits précédentes.

 

 

 

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21 juillet 2019

Premiers pas au Kirghizistan et première randonnée à cheval, waouh!

Kirghizistan ou République Kirghise ou Кыргыз Республикасы

4ème et dernier pays de notre voyage dans les Stan.

Le Kirghistan se distingue par ses paysages magnifiques où des bergers semi-nomades dressent leur yourtes entre montagnes, crêtes déchiquetées et pâturages. Il possède 900 km de frontières réparties entre l’Ouzbékistan, le Kazakstan, le Tadjikistan et la Chine. Le cheval est un élément important de l’identité locale. Le Kirghizistan se distingue par l'élevage de six races de chevaux, dont la race patrimoniale symbole du pays, le cheval kirghiz. Le cheval est l'objet de littératures et de traditions orales qui en font un double de l'être humain (cool). Il est couramment sacrifié lors de fêtes rituelles qui ont connu un renouveau depuis la fin du communisme (pas cool).

Capitale : Bishkek

Forme de l’état : République parlementaire

Superficie :  198 500 km2

indépendance de l’URSS : 31 août 1991

Population : 5 800 000 habitants

Monnaie : Som (KGS) 1 euro = 80 soms

Langue officielle : Kirghise, Russe (ça continue)

Ecriture : L’alphabet kirghiz est basé sur l’alphabet russe, mais comporte trois lettres en plus pour noter des sons propres au kirghiz : Ң, Ө et Ү. (de mieux en mieux)

 

16 juillet 2019

Quel changement avec le Tadjikistan. Dés la frontière passée ce ne sont que yourtes de bergers, troupeaux de chevaux, yaks et moutons, et des pâturages verts, que de vert d’un seul coup! Le faciès des Kirghizes lui aussi est totalement différent, nous retrouvons les yeux bridés de notre début de séjour, bridés, voire, très bridés. 

Journée « orga » et intendance. On va se renseigner pour un trek à cheval, trop cher! on verra ailleurs. Nous allons faire un tour au bazar et en profitons pour échanger dans une petite échoppe  le reliquat de nos somonis dont aucune banque ne veut. Dans l’après midi nous mettons au point la suite du voyage. Départ demain matin pour l’ouest du pays. Och est une trop grosse ville, la 2ème du pays après Bichkek la capitale, avec tous les avantages et inconvénients d’une grosse ville. Mais pour une arrivée dans un nouveau pays c’est pratique. On a un bon wifi, un hébergement avec toutes les commodités, notamment une machine à laver, une vraie douche et de vraies toilettes, mine de rien ça fait du bien. On achète une carte sim pour la durée du séjour Kirghize. c’est quand même pratique d’avoir internet ailleurs que dans les GH. Il fait à nouveau très chaud, on filtre avec les 40. Heureusement à partir de demain ce sera, montagne, campagne, lacs, cheval…..

 

17 juillet 2019

Lever de bon matin, le bus (oui il y a des bus au Kirghistan!) part de la station de bus à 7h40 pour Sary Chelek, région de moyenne montagne avec des chapelets de lacs. Une famille de Bischkek en résidence à l’hôtel nous aide a appeler un taxi. Nous avons installé l’application yandex mais je me suis trompée dans la commande je lui ai indiqué en point de départ ce qui est en fait notre point d’arrivée. Du coup, le taximan appelle et le jeune homme de Bisckek explique la méprise ce que nous aurions bien été incapable de faire. Le taxi arrive quelques minutes plus tard et nous sommes à la station de bus à 6h15. Le bus, qui n’est en fait qu’un minibus, est déjà plein, nous semble-t-il. Car nous apprendrons au cours de cette journée qu’un bus n’est JAMAIS plein. Nous commençons par nous installer sur de petits tabourets dans l’allée, puis par un jeu de « chaises musicales », nous nous retrouvons sur une banquette à 5 pour 4 places mais on fait avec. Au fur et à mesure le bus, loin de se vider, se remplit toujours plus. Il y’a autant d’enfants que d’adultes, des enfants  en bas âge surtout qui passent de bras en bras, des paquets qui passent d’un coté à l’autre et des gens qui se serrent toujours plus fort les uns contre les autres. Une véritable épopée qui va durer    8h pour parcourir 320 km. Mais la récompense est au bout du voyage. Un torrent qui glougloute, un village accueillant, une GH « english spoken », et des touristes sympas. Une hollandaise et sa fille rentrent tout juste de 3 jours à cheval et nous donnent des renseignements encourageants que nous allons essayer d’exploiter dés demain. Ca y est c’est organisé! Nous sommes ravis, nous partons demain pour 3 jours à cheval autour des lacs de Sary Chelek, et pour 37 euros par jour et par personne. Rien à voir avec les 100 euros demandés par le CBT. 

 

20 juillet 2019

 

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3 jours de randonnée superbes autour des 7 lacs de Sary Chelek!

 LA plus belle randonnée équestre de toute notre longue vie de cavaliers!

Nos chevaux tout d’abord : des étalons Kirghizes vaillants, dociles, calmes, courageux, sportifs, affrontant  sans rechigner les fortes pentes comme les descentes vertigineuses, supportant les dizaines de mouches plates qui viennent se nicher dans les endroits les plus inaccessibles, les attaches interminables avec la selle sur le dos, les blessures au passage de sangle.  Heureux, quand enfin, attachés par un membre, ils peuvent profiter de l’herbe grasse des montagnes pour la pose de la nuit, heureux encore quand on traverse un cours d’eau, car on ne fait aucun détour pour aller les abreuver. 

Ensuite, le parcours : Du grand waouh! Nous avons randonné dans des paysages ahurissants, traversé des pairies où les plantes nous dépassaient largement, vu des dizaines de variétés de plantes de toutes les couleurs dont certaines ne nous sont pas inconnues, elles ont simplement disparues de nos campagnes suite à l’acharnement de Mosanto, traversé des forêts de noyers. Nous avons campé près d’un lac, seuls! fait du feu pour cuire note repas, avons pris des bains « vivifiants » dans les lacs au bleu d’acier, fait ami/ami avec une biche fort sympathique qu’on à failli adopter. Nous avons campé avec la famille de notre guide où une autre biche est venue nous rendre visite, nous avons été invité par des apiculteurs à goûter le miel qu’ils étaient en train de récolter (et accessoirement leur vodka). Sary Chelek est et restera un gros coup de coeur. 

 

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21 juillet 2019

 

 Notre prochaine destination choisie est Kochkor mais c’est très loin de Sary Chelek (800 km), la meilleure solution est de se rendre à Bichkek, la capitale, d’où nous pourrons trouver tous les transports. Notre logeuse de Sary Chelek nous trouve un taxi partagé pour 1000 soms par personne (12 euros). Le petit déjeuner est prévu à 6h30 puisque le taxi lui est prévu à 7h. En fait dans cette GH rien ne se passe jamais à l’heure dite. Le petit déj est prêt à 7h et le taxi n’arrive qu’à 8h. Et nous voilà en route, avec les jeunes Tchèques qui sont à la Gh depuis notre arrivée et qui ont fait à pieds, une partie de ce que nous avons fait à cheval. Au départ de Sary Chelek le taxi est plein, ce qui ne nous empêche pas de charger 2 autres personnes en cours de route. 500km nous séparent de la capitale, il nous faudra toute la journée pour nous y rendre, traversant toutes sortes de paysages, des cols à plus de 3000 mètres, des plaines écrasées de chaleur, des jaïloo (pâturages d’été) truffés de yourtes et de centaines de chevaux. Nous faisons plusieurs arrêts en cours de route, essence, toilettes, repas, et dégustation de koumi (lait de jument fermenté) au goût assez spécial il faut l’avouer et que tout le monde n’apprécie pas, les Tchèques en particulier au vue de leur grimace. BB saute son tour, quant à Annie, qui apprécie un peu plus et ne craint pas les possibles désagréments gastriques en prend un grand bol. Il parait que c’est une boisson miracle aux multiples vertus. La chaleur est écrasante à Bichkek, mais nous sommes bien installés ce soir, nous avons réservé un hôtel en cours de route vite fait, bien fait. Nous sommes à 10 mn de la station de bus centrale d’où nous partirons demain pour Kochkor. La visite de la capitale sera pour la fin du séjour.

 

 

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16 juillet 2019

Wahou!!!!

 

12 juillet 2019

 

Linge propre, blog à jour malgré quelques difficultés de wifi, bonne nuit dans notre grand et bon lit de la GH de Khorog, nous pouvons repartir pour de nouvelles aventures.

Elles commencent ce matin. A 8h30 comme convenu notre chauffeur et notre 4X4 réservés par l’intermédiaire du PECTA, nous attendent devant la porte. Direction le corridor du Wakham toujours le long de la rivière Pjan frontière avec l’Afghanistan que nous longeons déjà depuis plusieurs centaines de km. Les paysages sont superbes. La rivière boueuse est serrée entre les flans des montagnes Tajiks d’un coté Afghanes de l’autre. Les sommets sont blancs,  hauts et acérés.  Des oasis de végétation mettent une touche de verdure dans ce paysage minéral. La rivière se fait tour à tour tumultueuse ou placide en dégageant de grands bancs de sable. Nous faisons un arrêt dans des Sources chaudes qui rappellent, de loin, et en beaucoup moins impressionnantes celles de Pamukalé en Turquie. Un seul bassin pour le bain, horaires alternés hommes femmes car on s’y baigne nu (ça tombe bien on a oublié nos maillots), c’est l’heure des femmes donc mon tour. C’est chaud mais c’est bon. Pour midi nous sommes à Ichkachim. Ici avait lieu jusqu’il y a 2 ans un marché Afghan sur une île au milieu de la rivière. Ile qu’aucun des 2 pays ne revendique, une zone neutre en quelque sorte. Hélas la tension étant un peu remontée entre les 2 pays, ce marché a été jugé risqué et ses portes se sont fermées. Il était pourtant le poumon de la ville qui s’animait frénétiquement tous les samedis. Nous avions nous mêmes tout prévu pour y être un samedi matin puisqu’une fois de plus le Lonely n’étant pas à jour, il indique toujours ce marché. Heureusement à Khorog nous pu avoir des renseignements actualisés.  Comble de chance nous étions à Khorog justement un samedi, car ici le marché Afghan continue d’avoir lieu, sous haute surveillance certes, mais nous avons pu nous y rendre comme je l’ai raconté il y a quelques temps. Bref Ichkachim, circulez y’a plus rien à voir. Nous faisons un complément de plein dans une station hors d’âge dont l’unique pompe ne compte plus le nombre de litres qu’elle délivre depuis sans doute bien longtemps. Afin de les comptabiliser le pompiste remplit un seau de 10l, puis transvase dans le réservoir avec un entonnoir. En début d’après-midi nous faisons un arrêt sur le site d’une ancienne forteresse dont il ne reste pas grand chose en fait, mais qui fait un beau décor pour les photos. Le paysage change. La vallée s’élargit, on s’éloigne des villes, on ne voit plus personne, c’est le désert. Et c’est justement là que ça se gâte…… Notre Rav4 est pourtant « presque neuf », il n’a que 390 000 km (mais il est très beau pour son âge), le voilà qui n’a plus aucune « pêche » et finit par caler. Il consent à redémarrer mais dés que le chauffeur sollicite l’accélérateur, on cale. Ca ressemble fort à un problème d’arrivée d’essence. Bref nous voilà en travers de la route, capot ouvert à attendre….. Deux 4X4 s’arrêtent…….des français. Ils ont l’air de s’y connaitre un peu. Nettoient le filtre à air, mais ne peuvent pas faire grand chose de plus, ils repartent. Et…… nous aussi miraculeusement. Après 1/2h de repos nous voilà repartis cahin-caha, le chauffeur doit pomper sur la pédale d’accélérateur sans arrêt. Impossible par contre de gravir la grosse pente qui doit nous mener à une autre forteresse et aux sources chaudes (encore) de Bibi Fatima, qui pour faire un peu culturel, est la fille du prophète. Tant bien que mal nous arrivons jusqu’à notre homestay et le chauffeur se lance dans la mécanique. Il change la pompe à essence. Avec succès semble-t-il, on verra demain. Nous sommes accueillis dans une maison typiquement Pamiri avec son magnifique plafond travaillé et symbolique tant pour la religion musulmane qu’ismaélite, et ses innombrables espaces pour recevoir les convives. Ce soir il semble que nous ne soyons que tous les 3. A 18h le thé est servi avec tout son accompagnement habituel, et à la suite……à 18h30 le dîner très (trop?) copieux, salade, soupe, poulet frit et chips maison et pastèque pour finir, nous n’avons jamais eu un repas aussi complet……Le propriétaire, arrière-arrière petit fils du célèbre (enfin surtout au Tadjikistan) Moubarak, poète, musicien et astronaume, nous explique toute la symbolique et les coutumes liées à une maison Pamiri. Très enrichissante conversation où l’on échange sur les particularités du Tadjikistan et de la France. 

 

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13 juillet 2019

 

Les intestins de BB sont toujours « hyper-actifs », on n’arrive pas à endiguer « l’hémorragie . Il y a quelque chose qu’il ne supporte pas dans la cuisine tadjik, mais nous n’arrivons pas à déterminer quoi. Nous allons procéder par élimination. Aujourd’hui ce sera les tomates. Ils est vrai qu’avec les concombres on en mange à tous les repas. 

Réveil matinal ce matin, il faut que nous rattrapions le temps perdu hier dû à la panne. Départ 8h, à pied, vers le haut du village pour voir le musée consacré au prestigieux aïeul Moubarak. Nous craignions un peu le coté musée mais ce fût une visite vraiment intéressante dans une reconstitution de maison pamiri originale avec les commentaires avisés d’un frère de notre hôte d’hier et démonstration des instruments de musique. 

Puis retour en arrière, avec une voiture qui sent très fort l’essence mais qui semble en parfait état de marche, vers ce que nous n’avions pu faire hier. Coup d’oeil au passage sur la forteresse. La vue aurait été meilleure hier, ce matin elle est en contre-jour. Et nous continuons par les « fameux » bains chauds de Bibi-Fatima. 2 bassins séparés hommes/femmes toujours pour la même raison, de l’eau chaude (environ 40°) qui arrive en cascade depuis les concrétions de calcite (enfin chez les femmes, car chez les hommes ça arrive en cascade par 2 tuyaux). C’est un moment très agréable même si nous nous baignons en même temps mais séparément. Après ces divertissements nous reprenons la route. Le Pjan est devenu bien calme et s’étire dans une vallée bien large pour le moment. Par moment au contraire, il est si peu large, qu’on pourrait presque passer en Afghanistan en un saut. Parfois il disparait dans des gorges  obligeant la route à remonter sur les pentes. Nous arrivons à Langar, ville de quelques maisons, mais c’est le dernier endroit habité avant 100 km. Nous allons donc manger bien qu’il soit encore assez tôt. Après le repas nous faisons le bonheur d’une auto-stoppeuse russe qui attend depuis plus de 5 heures une voiture pour partir. Ca y est la route s’élève nous atteignons les 3000, et nous tutoyons les 4000 mètres pour le reste de la journée. Soudain, au bord d’un cours d’eau qui dévale la pente, 2 vélos……que nous reconnaissons. Ce sont Julien et Myriam, les jeunes cyclistes que nous avions rencontrés à Khorog. Comme « prévu » nous les avons retrouvés sur la route du Pamir. Nous discutons un petit moment et leur souhaitons bonne route…..et bon courage, mais il n’en manque pas. A peine les avons nous quitté qu’un chameau seul traverse la piste en nous regardant l’air tout étonné. Pas tant que nous. Nous circulons sur une piste qui n’en a que le le nom mais dans des paysages tout simplement incroyables. On se croirait sur une autre planète, une soucoupe volante viendrait à se poser là qu’on ne serait pas très étonnés. C’est lunaire, martien, comme on veut, vu qu’on n’a pas trop de point de comparaison, mais on imagine que ça pourrait ressembler à ce qu’on traverse. Les véhicules sont plus que rares. Impression de fin du monde et de solitude maximum. Et pourtant…..nous finissons par retrouver le bitume et l’intersection avec la M41 qui arrive de Khorog par le haut. La jeune russe nous quitte et va tenter sa chance auprès des camions qui sont plus nombreux (parait-il) sur cette portion de route. Elle continue vers Mourghab qui sera notre destination demain, mais pour ce soir nous faisons un détour par le lac Bulunkul. Alors là on a l’impression de participer à l’émission « voyage en terre inconnue ». Un lac, quelques maisons et yourtes, des animaux, et des habitants qui nous regardent arriver. Notre hometay de ce soir est plus que  basique . Une pièce dans laquelle il n’y a aucun meuble nous est attribuée, ce soir nous dormirons par terre. Pas de toilettes (elles sont communes et  éparpillées dans tout le village), ni de douche (si on veut prendre un « bagna », il faut aller chez la voisine et c’est 2$!  Quand on sait ce que représente 2$ là on se dit qu’ils nous prennent pour des américains, alors pas de bagna). Nous trouvons un peu le manque de confort mais que dire de ces gens qui habitent ici à l’année et subissent la rigueur de l’hiver. C’est l’endroit le plus froid du Tadjikistan, les températures avoisinant les -50 degrés….. La chaleur est dans leur coeur, il faut voir le sourire continuellement accroché au visage de la dame qui nous reçoit. Eux vivent dans la yourte, ils y cuisinent, y mangent et y dorment aussi. Nous tentons une balade jusqu’au lac que nous n’arrivons pas a atteindre puisqu’il faut traverser avant d’y arriver, des étendues tourbeuses que seul le bétail apprécie, mais la balade dans le village est très chouette. Il flotte une odeur de tourbe qui nous rappelle l’Ecosse, à moins que ce ne soit de bouse de vache séchée transformée en combustible. Ce soir au repas nous avons du poisson pour la première fois depuis 2 mois. Poisson du lac….d’eau douce donc….mais très apprécié néanmoins.

 

14 juillet 2019

 

Annie à très bien dormi, BB assez mal.

Nous partons tout d’abord jeter un oeil à un autre lac situé à quelques kilomètres du village. Il faut pour cela entrer dans un parc national. Le lac est joli sous le soleil du matin, désert et parait-il glacial. Il y a pourtant une belle plage qui donne envie…..ou bien est-ce le manque de la mer qui commence à se faire sentir….

Dernière partie du voyage avec notre chauffeur direction Mourghab. Nous roulons sur un immense plateau d’altitude à 4000 mètres. Les montagnes qui nous entourent ne paraissent plus si vertigineuses, quoique quelques sommets soient encore bien plus hauts que nous. Nous n’avons pas vu de Yaks, comme nous l’espérions dans le village d’hier soir. Le chauffeur nous les promet pour Allichtour. Là, il se renseigne auprès d’un monsieur qui porte un drôle de chapeau. C’est le chapeau Kirghize, on approche du Kirghizistan ça se voit. Hélas les yaks ne sont pas là, ils sont en pâture. Il nous indique un endroit, plus loin, où nous pourrons en voir. Nous arrivons à l’endroit indiqué. Une yourte, une pauvre bâtisse, quelques jeunes yaks, mais pas de yaks adultes. Par contre nous sommes invités par la fermière à prendre le thé dans la yourte. Elle nous fait goûter au yaourt confectionné avec le lait de yak et c’est délicieux, c’est doux, c’est crémeux, absolument pas aigre. De fil en aiguille elle nous apporte du pain, du thé, de la crème de yak, et on l’arrête avant qu’elle n’ait fini de couvrir la table de victuailles. L’hospitalité d’Asie Centrale est vraiment une culture. Avant de nous laisser partir elle nous fait comprendre qu’elle a mal à la tête ou au ventre on ne sait pas trop et demande si nous pouvons lui donner du « paracétamol », c’est le seul mot qu’on a compris. On se déleste de la moitié de nos Doliprane que de toutes façon nous n’avons pas utilisés jusque là. Et nous repartons accompagnés d’un jeune homme qui se rend à Mourghab. L’auto stop est la seule façon pour tous ces gens de se rendre d’un point à un autre, et personne ne refuse de les prendre, nous encore moins. Compte tenu du nombre de voitures qui passent ce serait bien cruel. Le paysage change encore nous descendons un peu, nous ne sommes « plus qu’à » 3700m lorsque nous apercevons Mourghab. Nouveau contrôle des passeports et visas, si jamais on disparait on pourra nous suivre à la trace…… et nous voilà à destination, le jeune homme aussi.

Le chauffeur nous conduit jusqu’au homestay. Nous réglons nos comptes tout à fait sympathiquement et il s’en va. Nous allons déjeuner sur le « marché » de Mourghab constitué de containers du plus étrange effet. Mourghab, ville de 10 000 habitants, pas de wifi, pas un bruit de voiture, nous sommes toujours dans un autre monde.

Il nous faut trouver un taxi pour Och (Kirghistan) pour demain. Notre logeur se met en quête. Et qui voit-on arriver…….la jeune russe que nous avions pris en stop accompagnée d’un chauffeur de taxi. Elle n’a pas trouvé de transport pour partir aujourd’hui, normal nous sommes dimanche, et compte sur nous pour faire nombre demain. Ca nous arrange bien. Donc demain 7h départ….jusqu’au marché en contrebas de la ville. On attend jusqu’à 10h. A cette heure là si le taxi n’est pas plein, on part. 

 

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15 juillet 2019

 

Nous avions convenu 6h30 petit déjeuner, et voilà qu’à 5h15 on frappe à la porte. On sort tant bien que mal de notre « coma » pour nous entendre dire par le logeur que le chauffeur arrive. Juste le temps d’avaler une omelette et un thé et nous sautons dans l’énorme 4X4 qui nous attend. Explications: L’heure du Kirghizistan est en avance d’une heure par rapport au Tadjikistan et le taxi…….est Kirghize. On prend avant de partir 3 autres personnes, dont 2 de la famille du chauffeur, le taxi est plein, nous partons. Nous croyions avoir vu le summum de la beauté en matière de paysages de montagne, nous nous trompions, le feu d’artifice c’est aujourd’hui. De plus avec la lumière du petit matin c’est grandiose! . Nous passons un col à 4600 mètres et lorsqu’on bascule de l’autre coté alors là…..on reste bouche bée. Dommage que le chauffeur, qui n’as pas du dormir beaucoup de la nuit  commence à donner des signes de fatigue alors même qu’il nous reste plus de 300 km à parcourir (sur 420). Quel régal que ce Tadjikistan! Jamais encore nous n’avions vu de tels paysages, et pourtant on croyait être blasés! A notre droite la frontière chinoise est clairement matérialisée par une rangée de barbelés sur toute sa longueur. Et après 200 km de piste nous arrivons en vu de la frontière Tadjik. Contrôle, on avance de 10 m nouveau contrôle, et encore contrôle des sacs cette fois. Le douanier fait quelques difficultés à laisser à BB les cailloux qu’il rapportés en souvenir de chacun des pays traversés, mais au final « grand seigneur » il les lui laisse, et la barrière s’ouvre.  Nous avons notre tampon de sortie. Nous entrons dans un no man’s land d’une vingtaine de km. En fait personne ne sait vraiment où se situe réellement la frontière. Staline de son temps avait été un peu « joueur » quand il a décidé de leur tracé. L’imprécision est telle qu’à 20 km près on ne sait pas si on est toujours au Tadjikistan ou déjà au Kirghizistan. Il en était de même avec la frontière chinoise qui vient tout juste d’être stabilisée (d’où la rangée de barbelés). Nous arrivons à la frontière Kirghize où l’on peut juger pendant une heure de l’étendue du pouvoir de l’administration douanière. Le tampon d’entrée en lui même est assez vite obtenu. On sent déjà un peu plus de modernisme dans ce pays, notre passeport est scanné, et les informations entrées sur ordinateur, alors que coté Tadjik tout était écrit à la main sur un simple cahier. Tampon kirghize obtenu, on poireaute 50 mn ……que le chauffeur puisse montrer ses papiers avec quelques de somonis (20) glissés judicieusement entre eux….mais personne ne semble vouloir se déplacer, et surtout on ne dérange pas un douanier qui…….glande. Alors on attend. BB commence à monter en pression…..1heure au final plus tard nous pouvons enfin repartir. Pause repas dans la première ville Kirghize, agréable surprise, la soupe est bonne! 2ème agréable surprise, la route devient un boulevard, ce qui permet à notre chauffeur de s’endormir complètement, ça devient carrèrent dangereux. Heureusement les 2 passagères à l’arrière, les frangines de celui-ci, interviennent et lui ordonne de s’arrêter. On fait donc un pause d’un quart d’heure pendant laquelle il se change (nous sommes descendus de 2000 mètres il commence faire bien chaud), il tourne, il vire, il braque, et décide qu’il est réveillé. On repart. Nous ferons une nouvelle pause avant d’arriver sur Och, où nous sommes finalement après 8h30 de route (dont une heure à la frontière). Nous ne sommes plus qu’à 900 m d’altitude, il fait 35°. Taxi, banque, guesthouse, bonjour Kirghistan. 

Fin du Tadjikistan, il est temps d’en faire le bilan:

On a aimé les paysages grandioses, l’hospitalité, la météo sans faille (comprendre sans pluie), on a adoré nos trekkings dans les vallées de Sarytag et Geisev, 

On a moins aimé, la bouffe encore et toujours, les routes défoncées, et pis en fait on a tout aimé!

 

 

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11 juillet 2019

3 jours coupés du monde réel

11 juillet 2019

 

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Nous voici de retour de la vallée de Bartang. Une pure merveille!

Nous quittons la GH confiants sur les possibilités de trouver un transport. Nous avons désormais compris comment cela fonctionne. Il y a toujours une solution. On dit, au premier qui passe, où on veut aller. Il demande systématiquement combien on est prêts à mettre pour ce trajet. Une fois d’accord sur le prix, il prend son téléphone  et je me retrouve à chaque fois  avec, au bout du fil, un inconnu qui parle anglais et me fait répéter où on veut aller et pour quel prix. Ensuite, y’a un moment où on laisse faire, ça s’agite, ça s’agite, et hop y’a quelqu’un qui devient notre chauffeur. C’est exactement ce qui se passe pour aller de Khorrog à Rushan, et de Rushan à la passerelle dans la vallée de Bartang, passerelle qui une fois franchie, débouche sur un sentier qui  nous conduit au village de Geseiv 2h30 plus haut. Il faut bien dire que lorsque le 4X4 fait demi tour et nous laisse seuls devant cette passerelle, au milieu de rien, on se dit, pourvu qu’on ait bien tout compris…. La passerelle est longue et oscille au dessus de la rivière. Je n’aime toujours pas ça, mais là il faut bien se faire violence. Ensuite, suivent 2h30 de montée bien difficiles pour Annie. Un lendemain de gastro n’est pas le jour idéal pour entreprendre une randonnée en montagne. Pourtant le sentier n’est pas difficile, et le dénivelé correct (+ 500m), mais les jambes n’y sont pas, le coeur est au bord des lèvres et les arrêts sont multiples. Nous finissons néanmoins pas arriver sur un replat dans lequel se niche le village. Une quinzaine de maisons en pisé éparpillées au bord de 3 lacs. 85 habitants, dont 2 sont justement là à l’entrée du village à la « cabine téléphonique ». Comprendre par là, le seul endroit dans toute la vallée où la réseau passe un peu, juste là, à cet endroit précis, pas 10m avant ni 10 après. Là! Goulcha et Nasora font justement homestay, comme plusieurs maisons du village. Goulcha nous conduit jusque  chez eux. Nous y resterons 3 nuits. Il faut, quand on vient à Geisev, abandonner toute idée de confort, et se concentrer sur le partage et la découverte. Nous passons vraiment un séjour exceptionnel. Et puis le confort n’est pas si inexistant que cela. Nous avons une pièce pour nous seuls (il n’y a pas d’autres touristes), matelas légers, oreillers, couette, que demander de plus. La dernière nuit nous dormons à la belle étoile avec les conséquences que cela engendre….réveil comme toute la maisonnée à 5h30. Il y a même une « douche » à l’extérieur, et des « toilettes » ( à 2 places) sur la hauteur. Ce village d’un autre temps est niché dans un endroit splendide, mais quelles conditions de vie difficiles. Tout est produit sur place, et ce qui ne peut pas l’être vient de Rushan ou de Khorog, ce qui signifie 1h30 de sentier pour descendre à la passerelle (et 2h pour monter), 1h de route pour Rushan, 2h30 pour Khorog, et idem en sens inverse. Et pourtant ils sont tous d’une générosité juste hallucinante. Il suffit de passer devant une habitation pour être invité à prendre le thé. Et quand on prend le thé on prend aussi, le pain, la confiture, les fruits secs, les amandes et les cacahuètes, les confiseries, les gâteaux secs, le yaourt, le fromage….. et le thé quand même mais au choix vert ou noir, et le tout à volonté puisqu’on nous propose de nous resservir encore et encore…..Nous rentrons tout juste de ce séjour en immersion, sales, (la douche n’a pas fonctionné tous les jours) mais la tête pleine de souvenirs et d’images inoubliables. La dernière image est un peu…sanglante…aujourd’hui c’est jour de fête pour le Tadjikistan. A Geisev une chèvre est sacrifiée pour l’occasion…..

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Demain, changement d’ambiance. Nous avons loué un 4X4 avec chauffeur, puisqu’il n’est pas possible de faire la traversée du Pamir autrement, et nous partons 4 jours à travers des paysages de haute montagne sur la 2ème plus haute route du monde.

 

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07 juillet 2019

Pamir nous voila!

4 juillet 2019

 

34-On y est

6h, nous sommes au terminal des taxis pour Khorog et accessoirement pour Kalaïkoum. Nous avons choisi de nous arrêter dans cette ville à mi-chemin de Khorog. Khorog se situe à 590 km de Douchmabé et il faut environ 15h pour couvrir la distance, ça nous a semblé beaucoup. Il y a beaucoup plus de départs pour Khorog, néanmoins nous ne mettons pas très longtemps à remplir la Mercédès et à 6h30 nous sommes en route. BB devant avec le chauffeur et je partage la banquette arrière avec un jeune garçon et une jeune femme. Dés la sortie de Douchambé nous attaquons la montagne. Au premier virage, j’ai bien cru que ce serait le dernier…..mais on le prend je ne sais pas comment, pour notre part effondrés les uns sur les autres, et des virages, il y en aura des centaines à suivre….. La route est belle, large et bitumée, sauf par moments….mais notre chauffeur connaît bien la route et anticipe chaque difficulté. A 10h30, il nous arrête pour manger, tiens déjà, mais c’est vrai que lui a déjà 4h de conduite dans les bras. Nous sommes entourés de sommets dont certains sont enneigés. Nous longeons maintenant la frontière Afghane. La tumultueuse rivière Pyandj sépare les 2 pays. Coté Tadjik, la zone est très militarisée et surveillée. Il est vrai que l’Afghanistan est un grand pourvoyeur de drogue et la culture du pavot reste la principale manne financière. Coté Afghan une simple piste suis le cours de la rivière. Les villages et les cultures sont bien maigres. De notre coté voilà que nous entrons dans le GBAO. Mais qu’est ce que c’est? Gorno Badakhshan Autonomous Oblast, pas plus renseignés? Wikipédia dit : « La région autonome du Haut-Badakhchan est une province montagneuse du Tadjikistan. Elle couvre environ 40 % du territoire du pays, mais n'en représente que 3 % de la population. La population pamirie est concentrée dans les vallées du Pyandj et de ses affluents. » 

Province autonome donc pour laquelle il faut un permit spécial qu’il faut demander à l’occasion de la demande de visa. Lorsqu’on arrive à la « frontière » du GBAO, on a vraiment l’impression de changer de pays. 2 postes de contrôle, l’un contrôlé par les militaires qui vérifient passeport et visa -là pas de problème-, l’autre à quelques centaines de mètres plus loin, par la police. Même protocole, passeport/visa. Et voilà le flic qui revient à la portière avec nos papiers et son air d’autorité (qui ne nous impressionne pas vraiment). Il nous fait comprendre

- GBAO ici.

  • Oui on sait et?
  • GBAO
  • et?

et il nous rend les passeports et fait mine de garder les visas. On a bien compris pourquoi. Un petit bakchich serait le bienvenu n’est ce pas…

On finit par lui attraper dans les mains les visas et lui montrer l’inscription écrite en gros et  en rouge « PERMIT GBAO », il ne sait plus trop quoi dire, surtout qu’on a bien dit qu’on ne parlait pas russe, donc….il nous fait signe de passer. Et voilà. Nous ne serons plus embêtés ensuite jusqu’à Khorog.

Nous arrivons à Kalaïkoum en tout début d’après-midi. Les chambres chez l’habitant ne manquent pas et nous nous arrêtons à la première devant laquelle nous laisse le taxi. Chambre simple, pension complète, et juste au dessus de l’affluent du Pyandj qui vient là le rejoindre. Ce torrent sert à tout pour le village, de poubelle, de fosse septique et….d’eau potable…..et il est très bruyant. Ce soir nous dinerons juste au dessus sur la terrasse et il faudra élever la voix pour s’entendre. 

 

5 juillet 2019

 

41- Beaux paysages

Notre logeur nous a conseillé de nous rendre au terminal des taxis vers 8 ou 9h pour trouver un transport pour Khorog. Nous y sommes avant 8h, beaucoup de chauffeurs, peu de clients, c’est mauvais signe. Nous attendrons plus de 2h30 avant de prendre la direction de Khorog dans un minivan dans lequel il reste une place à vendre que nous paierons finalement pour pouvoir partir, et qui nous fera faire le tour de la ville pour diverses raisons qui manquent cruellement d'organisation. Dure journée. De l’avis de BB c’est la pire journée de transport de tous les temps. On s’est finalement rendu compte qu’on avait mal joué. Il aurait été plus judicieux de partir de Douchambé pour Khorog direct mais en 4X4. Alors qu’avec le minivan on n’avance à rien. La route est une piste. Un jour, du temps des russes, elle a été goudronnée, mais les russes sont partis depuis 30 ans…..et il y a chaque année des éboulements qui emportent un peu plus le revêtement restant. Autre étrangeté, les Russes, encore eux, on livré et installé un peu partout dans les villages et même en rase campagne, des abri bus, il manque juste…….les bus. Notre route se poursuit mais  plus on n’arrête pas de s’arrêter. Pour manger, dire bonjour aux chauffeurs que l’on croise, descendre une dame, charger un militaire, le décharger plus loin mais charger des pastèques qu’on livrera dans un autre poste militaire, etc, etc… tant est si bien que le temps avance mais nous pas trop. BB commence monter en pression. Il fulmine. Après après la route, que « c’est pas possible d’avoir une route pareille et de ne rien faire pour la remettre en état cause qu’en plus c’est la route principale », après le chauffeur « c’est pas possible on a du faire 50 km de plus, il ne choisit pas les bonnes trajectoires et passe sans arrêt d’un coté à l’autre de la route et pis c’est pas possible de toujours téléphoner chaque fois qu’il trouve du réseau du coup on perd encore 20km/h » après le temps qui passe « c’est pas possible on n’arrivera jamais, il manquerait plus qu’on crève ».

Mais on ne crève pas et à 20h on arrive à Khorog après 9h de trajet pour 240km. 

Nous y voilà enfin, la pression peut retomber. 

Nous nous installons à la GH occupée par un jeune couple de cyclistes français. La conversation du soir est donc facilitée. On a pas mal de points communs c’est amusant. Le summum étant de nous rendre compte qu’ils ont fait leur études à Kerlann à Rennes en même temps de Solène et Raphy. 

 

6 juillet 2019

 

46-Afghan qui vend du khol

Quelle bonne nuit. Le lit était parfait, le meilleur depuis notre départ. Nous décidons de nous poser à Khorog pour plus d’une nuit, 2 voire 3 selon les transports que nous trouverons car demain nous serons dimanche et aucun transport ce jour là. Nous commençons par aller au PECTA (Pamirs Eco-Cultural Tourism Association) pour chercher et trouver pour la première fois, des renseignements clairs et précis sur ce qu’on doit faire et comment pour la suite de notre périple Tadjik. Il va nous falloir un peu revisiter notre programme mais au moins maintenant nous savons ce que nous devons faire.

Nous nous rendons ensuite au marché Afghan qui a lieu tous les samedis dans un village proche de Khorog, face à une passerelle qui relie les 2 pays.. Quel étrange marché, où les Afghans traversent la rivière pour venir au Tadjikistan vendre leurs produits sous l’oeil vigilant des militaires des 2 camps. Photos interdites, c’est dommage, les Afghans sont si photogéniques avec leurs grands yeux et leurs drôle de chapeau en laine, le pakol, dont l’un reviendra en France. Pas sûr qu’on le porte mais le symbole est là. Pas moyen de confondre les Afghans et les Tadjiks. Ces derniers ont presque l’air de nantis par rapport aux Afghans qui sont vraiment miséreux. Là point de dents en or mais des bouches édentées, des visages émaciés, des yeux farouches, les mains calleuses et sales. Ils vendent des bricoles sans grande valeur à nos yeux mais essentielles sans doute aux leurs. Des herbes, du khôl, des bijoux de pacotille…..

Nous arriverons quand même à voler quelques photos, mais nous repartons un peu frustrés. Au marché de Khorog, où nous faisons nos courses pour ce soir et demain, comparativement c’est l’opulence.

 

6 juillet 2019

 

La nuit a été un peu « compliquée » pour Annie. 

Au réveil ce n’est pas la grande forme mais il faut se consoler, ça tombe le bon jour, aujourd’hui dimanche nous n’avons rien à faire. C’est ville morte! on n’a même pas pu trouver un resto ouvert pour midi, BB a du se contenter d’un fac similé de hot-dog.

Nous jeunes cyclistes sont repartis en fin de matinée. Nous les retrouverons sur la route c’est sûr. 

Nous partons demain pour la vallée du Bartang, puis nous rejoindrons à pied (puisqu’il n’y a pas d’autre moyen) le village de Geisev où nous pensons passer quelques jours au plus près de la nature.

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